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Ministère de la schizophrénie nationale, du mensonge institutionnalisé, de l’espoir brisé et de l’abandon de la jeunesse

Danièle Lefebvre. Août 2009

En parcourant les textes actuellement à l’ordre du jour sur le site du Ministère de l’Education Nationale, le lecteur (un peu crédule) pourrait espérer que les têtes pensantes de cette grande maison ont enfin pris la mesure de l’ampleur de leur mission.  Ainsi, dans la note de préparation de la rentrée scolaire, on peut lire qu’un des objectifs est de « rendre ses lettres de noblesse à la voie professionnelle ». Pour cela, entre autres dispositifs, le lycée des métiers doit « favoriser la fluidité et la personnalisation des parcours, faciliter la poursuite d’études ». Pour organiser cette innovation, les procédures d’orientation sont informatisées, et gérées par le logiciel affelnet, dispositif dont l’objectif est de « favoriser la poursuite d’études », et « prévenir les sorties du système éducatif » La rénovation de la voie professionnelle vise quant à elle, à « élever le niveau de qualification des jeunes ». Dans la même note de préparation de la rentrée, on se réjouit de lire qu’il est aussi à l’ordre du jour de « développer le service public de l’Education ».  Tout cela, c’est vu des moquettes moelleuses et des dorures du palais ministériel. C’est le discours qu’offre le site du ministère. Qu’en est-il dans la réalité ? Quelle est la vraie vie des élèves ?  Un certain nombre de jeunes choisissent, dans le cadre d’une vraie réflexion, l’élaboration d’un projet de formation professionnelle et la préparation d’un diplôme de niveau V, pas par défaut, mais par choix mûrement structuré. Pour cela, dans certaines filières, il faut aller très loin : 8 lycées en France pour la bijouterie par exemple. Le « développement du service public de l’éducation » est sans doute un processus qui ne peut être immédiat. Après cette première étape de formation, l’affectation vers les formations de niveau IV est gérée par le grand et nébuleux logiciel Affelnet. On y entre certaines notes, variables selon les académies, multipliées par un coefficient lui aussi variable selon les académies, des point de bonus en fonction de l’avis des enseignants, de la cohérence du projet de l’élève, et on applique à cela des variables en fonction de l’ordre dans le choix des lycées dans lesquels on postule. (toujours pour la bijouterie 4 vœux à formuler, et 4 lycées en France, dotés d’internat…). Développer le service public d’éducation prend du temps… Au bout de cette longue et opaque procédure (personne ne peut rien, c’est l’ordinateur qui gère, et personne n’est capable de fournir des explications complètes et compréhensibles pour accompagner les jeunes dans la formulation de leurs voeux), on découvre que seulement la moitié des élèves environ qui postulent avec avis favorable des enseignants ont une place. Pourtant des ouvertures de classes ont été sollicitées par des proviseurs, elles ont été refusées. (développer le service public d’éducation…) Ainsi, de jeunes lycéens, issus pourtant des lycées des métiers,  récompensés dans des concours professionnels, sont abandonnés par la République. La poursuite d’études n’est pas pour eux. On leur propose, à 16 ou 17 ans d’arrêter leur scolarité avec un simple CAP. La fluidité et la personnalisation des parcours annoncée se traduit finalement par une abrupte brusquerie. La poursuite d’études promise se transforme en abandon, les efforts réalisés par ces jeunes pour élever leur niveau de qualification et la qualité de leur savoir-faire sont bafoués et niés. Ils ne sortent pas du système éducatif, on les en jette. Ils sont les orphelins du 1er septembre, pour lesquels il n’y a aucun service minimum… A mentir ainsi, à souffler sur notre jeunesse le froid et le chaud, à exclure les jeunes des dispositifs de formation, où pourtant ils réussissent, se construisent en tant que professionnels et citoyens, à briser ainsi des projets de vie, il ne faudrait pas s’étonner de réactions exacerbées de jeunes désespérés sur des représentants de l’Education Nationale. Naturellement, ils auraient tort de devenir violents, mais ce ne serait pas pire que la violence que leur assène ce monstre inhumain pourtant chargé de les éduquer.

 

 

Par pgeducation le 6 septembre, 2009 dans Débats

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